{"id":8097,"date":"2019-07-02T13:27:56","date_gmt":"2019-07-02T11:27:56","guid":{"rendered":"https:\/\/www.phage.help\/non-classe\/les-bacteriophages-en-clinique\/"},"modified":"2019-07-02T13:27:56","modified_gmt":"2019-07-02T11:27:56","slug":"les-bacteriophages-en-clinique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.phage.help\/fr\/bacteriophages\/les-bacteriophages-en-clinique\/","title":{"rendered":"Les bact\u00e9riophages en clinique"},"content":{"rendered":"<p>Parce qu&rsquo;ils pourraient constituer un compl\u00e9ment aux antibiotiques, des chercheurs du monde entier travaillent avec les bact\u00e9riophages, des virus qui infectent les bact\u00e9ries. Les premi\u00e8res pr\u00e9parations contenant ces agents bact\u00e9ricides sont d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9veloppement clinique. Une \u00e9tude devrait \u00e9galement d\u00e9marrer prochainement en Allemagne.  <\/p>\n<p>De plus en plus souvent, les th\u00e9rapies antibiotiques \u00e9chouent parce que les bact\u00e9ries pathog\u00e8nes ont d\u00e9velopp\u00e9 des r\u00e9sistances. Avec des cons\u00e9quences fatales : rien qu&rsquo;aux \u00c9tats-Unis, environ 23\u202f000 personnes meurent chaque ann\u00e9e d&rsquo;infections caus\u00e9es par des agents pathog\u00e8nes multir\u00e9sistants. En 2015, dans l&rsquo;UE \u00e9galement, environ 33\u202f000 d\u00e9c\u00e8s \u00e9taient imputables \u00e0 des pathog\u00e8nes multir\u00e9sistants, selon une publication r\u00e9cente (DOI: 10.1016\/S1473-3099(18)30605-4). L&rsquo;Organisation Mondiale de la Sant\u00e9 (OMS) a regroup\u00e9 les douze agents pathog\u00e8nes les plus dangereux sur une liste en 2017. Outre les souches r\u00e9sistantes d&rsquo;Acinetobacter baumannii et de Pseudomonas aeruginosa, cette liste comprend \u00e9galement Enterococcus faecium, Staphylococcus aureus et Helicobacter pylori.    <\/p>\n<p>En raison de la grave situation de r\u00e9sistance, les scientifiques recherchent de nouvelles fa\u00e7ons d&rsquo;\u00e9liminer les pathog\u00e8nes dangereux comme ceux-ci. Ici, les virus peuvent devenir des alli\u00e9s. En effet, des virus sp\u00e9ciaux, appel\u00e9s bact\u00e9riophages, infectent de mani\u00e8re hautement sp\u00e9cifique des souches d&rsquo;une esp\u00e8ce bact\u00e9rienne donn\u00e9e, les utilisent pour leur reproduction et les tuent. Ces virus sont pr\u00e9sents partout o\u00f9 il fait chaud et humide : dans les mares, les rivi\u00e8res et les mers, mais aussi dans l&rsquo;intestin des humains et des animaux ou sur les muqueuses. Ce sont les organismes les plus r\u00e9pandus sur Terre.    <\/p>\n<p>Dans des cas isol\u00e9s, les agents bact\u00e9ricides sont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques. Ainsi, en mai, une \u00e9quipe de chercheurs de Londres et de Pittsburgh a rapport\u00e9 dans la revue sp\u00e9cialis\u00e9e \u00ab Nature Medicine \u00bb une phagoth\u00e9rapie personnalis\u00e9e avec des virus g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s pour le traitement d&rsquo;une infection \u00e0 mycobact\u00e9ries r\u00e9sistantes aux antibiotiques chez une jeune fille atteinte de mucoviscidose (DOI: 10.1038\/s41591-019-0437-z). La patiente recevait des antibiotiques depuis huit ans en raison d&rsquo;une colonisation chronique par Mycobacterium abscessus. Comme le germe ne r\u00e9pondait plus \u00e0 aucun antibiotique, les m\u00e9decins traitants ont d\u00e9cid\u00e9 de rechercher des phages appropri\u00e9s et les ont trouv\u00e9s dans une collection de phages : ils ont compos\u00e9 un cocktail de trois bact\u00e9riophages, dont l&rsquo;un a \u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 pour \u00eatre lytique, c&rsquo;est-\u00e0-dire pour faire \u00e9clater les cellules bact\u00e9riennes. Gr\u00e2ce au traitement avec ce cocktail, les m\u00e9decins ont pu rapidement ma\u00eetriser l&rsquo;infection.    <\/p>\n<p>Un nouvel \u00e9lan pour la recherche sur les phages<br \/>\nDes cas isol\u00e9s comme celui-ci donnent un nouvel \u00e9lan \u00e0 la recherche sur les phages. Les phagoth\u00e9rapies \u00e9taient tr\u00e8s r\u00e9pandues en Europe et aux \u00c9tats-Unis \u00e0 l&rsquo;\u00e8re pr\u00e9-antibiotique, mais avaient rapidement perdu de leur importance en Occident avec la d\u00e9couverte d&rsquo;antibiotiques efficaces. En Europe de l&rsquo;Est et en Russie, ces th\u00e9rapies sont encore utilis\u00e9es aujourd&rsquo;hui. Depuis l&rsquo;an 2000 environ, le domaine de recherche a \u00e9t\u00e9 relanc\u00e9 en Occident, stimul\u00e9 par la crise des antibiotiques mais aussi par les nouvelles possibilit\u00e9s offertes par les technologies de s\u00e9quen\u00e7age, rapporte Charles Schmidt dans un article de synth\u00e8se paru dans \u00ab Nature Biotechnology \u00bb (DOI: 10.1038\/s41587-019-0133-z). Des universit\u00e9s aux \u00c9tats-Unis fondent des centres de recherche et cr\u00e9ent de vastes biblioth\u00e8ques de phages. Ainsi, en 2018, le Center for Innovative Phage Applications and Therapeutics (IPATH) de l&rsquo;Universit\u00e9 de Californie \u00e0 San Diego a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9, et depuis 2010, le Center for Phage Technology (CPT) existe \u00e0 la Texas A&amp;M University \u00e0 College Station. La plus grande biblioth\u00e8que de phages se trouve cependant \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Pittsburgh. Elle comprend 15\u202f000 isolats, dont 3\u202f000 sont enti\u00e8rement s\u00e9quenc\u00e9s. C&rsquo;est de cette collection que provenaient les trois phages utilis\u00e9s chez la patiente atteinte de mucoviscidose.        <\/p>\n<p>Selon Schmidt, les biblioth\u00e8ques de phages sont actuellement submerg\u00e9es de demandes pour des patients gravement malades chez qui les antibiotiques ne sont plus efficaces. Si des variantes appropri\u00e9es sont trouv\u00e9es, elles peuvent \u00eatre utilis\u00e9es avec une sorte d&rsquo;autorisation sp\u00e9ciale de la FDA (autorit\u00e9 de r\u00e9gulation am\u00e9ricaine) en tant que \u00ab Emergency Investigational New Drug \u00bb. Au lieu de traiter des cas isol\u00e9s, il y a aussi des efforts pour faire approuver des pr\u00e9parations \u00e0 base de phages comme m\u00e9dicaments. \u00ab Une premi\u00e8re vague d&rsquo;essais cliniques \u00bb est en cours, \u00e9crit Schmidt. <\/p>\n<p>Dans le d\u00e9veloppement de tels m\u00e9dicaments, il existe en principe deux strat\u00e9gies, qui d\u00e9pendent de la diversit\u00e9 de la bact\u00e9rie cible : pour les agents pathog\u00e8nes \u00e0 faible diversit\u00e9 comme Staphylococcus aureus, on peut d\u00e9velopper des cocktails fixes avec trois \u00e0 quatre phages, qui peuvent \u00eatre produits et stock\u00e9s comme d&rsquo;autres m\u00e9dicaments. Pour les esp\u00e8ces g\u00e9n\u00e9tiquement tr\u00e8s diverses comme Acinetobacter baumannii, cette approche n&rsquo;est pas adapt\u00e9e, car il faudrait alors combiner trop de phages qui pourraient interagir entre eux. Ici, une approche individuelle, c&rsquo;est-\u00e0-dire la s\u00e9lection de phages appropri\u00e9s pour chaque patient, est n\u00e9cessaire.  <\/p>\n<p>Source et plus d&rsquo;informations : https:\/\/www.pharmazeutische-zeitung.de\/bakterienkiller-in-der-klinik\/<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Parce qu&rsquo;ils pourraient constituer un compl\u00e9ment aux antibiotiques, des chercheurs du monde entier travaillent avec les bact\u00e9riophages, des virus qui infectent les bact\u00e9ries. Les premi\u00e8res pr\u00e9parations contenant ces agents bact\u00e9ricides sont d\u00e9j\u00e0 en d\u00e9veloppement clinique. Une \u00e9tude devrait \u00e9galement d\u00e9marrer prochainement en Allemagne. 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