{"id":8569,"date":"2020-06-04T17:19:23","date_gmt":"2020-06-04T15:19:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.phage.help\/non-classe\/phagotherapie-pour-les-infections-graves-associees-a-la-chirurgie-cardiothoracique\/"},"modified":"2020-06-04T17:19:23","modified_gmt":"2020-06-04T15:19:23","slug":"phagotherapie-pour-les-infections-graves-associees-a-la-chirurgie-cardiothoracique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.phage.help\/fr\/non-classe\/phagotherapie-pour-les-infections-graves-associees-a-la-chirurgie-cardiothoracique\/","title":{"rendered":"Phagoth\u00e9rapie pour les infections graves associ\u00e9es \u00e0 la chirurgie cardiothoracique"},"content":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance bact\u00e9rienne \u00e0 la th\u00e9rapie antibiotique conventionnelle repr\u00e9sente un d\u00e9fi de plus en plus important pour la sant\u00e9 humaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. L&rsquo;objectif est d&rsquo;\u00e9tudier si la phagoth\u00e9rapie pourrait compl\u00e9ter ou constituer une alternative viable \u00e0 la th\u00e9rapie antibiotique conventionnelle dans les cas critiques d&rsquo;infections bact\u00e9riennes li\u00e9es aux interventions de chirurgie cardiothoracique. <\/p>\n<p>Depuis septembre 2015, huit patients atteints d&rsquo;infections multir\u00e9sistantes ou particuli\u00e8rement tenaces \u00e0 Staphylococcus aureus, Enterococcus faecium, Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella pneumoniae et Escherichia coli ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s avec des pr\u00e9parations de bact\u00e9riophages en dernier recours, conform\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;article 37 de la D\u00e9claration d&rsquo;Helsinki. Les patients pr\u00e9sentaient des infections associ\u00e9es \u00e0 une immunosuppression apr\u00e8s des transplantations d&rsquo;organes, ou des infections de greffons vasculaires, de dispositifs m\u00e9dicaux implant\u00e9s et de plaies chirurgicales. Des pr\u00e9parations de phages individualis\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9es localement, oralement ou par inhalation, pour des dur\u00e9es variables selon les cas. Tous les patients ont continu\u00e9 \u00e0 recevoir des antibiotiques conventionnels pendant le traitement par bact\u00e9riophages.   <\/p>\n<p>R\u00e9sultats : Les patients \u00e9taient \u00e2g\u00e9s de 13 \u00e0 66 ans (moyenne de 48,5 \u00b1 16,7), avec sept hommes et une femme. L&rsquo;\u00e9radication des bact\u00e9ries cibles a \u00e9t\u00e9 obtenue chez sept des huit patients. Aucun effet ind\u00e9sirable grave n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9. (4) Conclusions : La phagoth\u00e9rapie peut traiter efficacement les infections bact\u00e9riennes associ\u00e9es \u00e0 la chirurgie cardiothoracique lorsque la th\u00e9rapie antibiotique conventionnelle \u00e9choue.<br \/>\nMots-cl\u00e9s : Phagoth\u00e9rapie ; infection bact\u00e9rienne ; chirurgie cardiothoracique ; infection associ\u00e9e \u00e0 un implant ; infection associ\u00e9e \u00e0 un greffon ; infection du site op\u00e9ratoire   <\/p>\n<p>Les patients ayant subi une chirurgie cardiothoracique pr\u00e9sentent un risque particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 de complications infectieuses potentiellement mortelles. Les infections du site op\u00e9ratoire contribuent de mani\u00e8re significative \u00e0 la morbidit\u00e9 et \u00e0 la mortalit\u00e9 postop\u00e9ratoires.<br \/>\nLes infections associ\u00e9es aux implants deviennent souvent chroniques, car les bact\u00e9ries qui se d\u00e9veloppent sur les surfaces artificielles ont tendance \u00e0 former des biofilms tr\u00e8s tol\u00e9rants aux antibiotiques. De plus, l&rsquo;immunosuppression induite par les m\u00e9dicaments rend les patients transplant\u00e9s cardiaques et pulmonaires particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables aux infections potentiellement mortelles. Face \u00e0 ces d\u00e9fis et \u00e0 la r\u00e9sistance bact\u00e9rienne croissante aux antibiotiques conventionnels dans le monde, il existe un besoin urgent de nouveaux agents et strat\u00e9gies antibact\u00e9riens.<br \/>\nLes bact\u00e9riophages (ou phages) sont des virus qui infectent sp\u00e9cifiquement les bact\u00e9ries. Avec l&rsquo;av\u00e8nement des antibiotiques, l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;utiliser les bact\u00e9riophages pour traiter les infections cliniques a \u00e9t\u00e9 n\u00e9glig\u00e9e pendant pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle, sauf dans certains pays d&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et l&rsquo;ex-URSS [1,2]. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la r\u00e9surgence de l&rsquo;utilisation des phages lytiques pour les infections bact\u00e9riennes difficiles \u00e0 traiter a suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat consid\u00e9rable, mais relativement peu de phages ont d\u00e9montr\u00e9 une efficacit\u00e9 clinique. N\u00e9anmoins, plusieurs \u00e9tudes de cas r\u00e9centes ont rapport\u00e9 des succ\u00e8s dans la phagoth\u00e9rapie locale [3] et parent\u00e9rale [4] avec des bact\u00e9riophages naturels, ainsi qu&rsquo;avec des bact\u00e9riophages g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s [5].<br \/>\nNous rapportons ici une s\u00e9rie de cas d&rsquo;infections multir\u00e9sistantes ou tenaces associ\u00e9es \u00e0 des implants et des greffons, trait\u00e9es avec succ\u00e8s par des bact\u00e9riophages individualis\u00e9s. La pr\u00e9sente s\u00e9rie de cas comprend des patients trait\u00e9s selon notre strat\u00e9gie r\u00e9cemment d\u00e9crite d&rsquo;application de phages en combinaison avec de la colle de fibrine. La colle de fibrine est un h\u00e9mostat, un scellant et un adh\u00e9sif tissulaire \u00e0 deux composants, compos\u00e9 de fibrinog\u00e8ne et de thrombine. Dans ce cas, la moiti\u00e9 de la solution de thrombine est remplac\u00e9e par une suspension de phages [6] et le m\u00e9lange est appliqu\u00e9 en perop\u00e9ratoire pour agir comme un \u00e9chafaudage ou un rev\u00eatement biocompatible contenant des phages. Cette approche unique permet la lib\u00e9ration prolong\u00e9e de phages sur les sites infect\u00e9s. Ces r\u00e9sultats d\u00e9montrent que la phagoth\u00e9rapie moderne constitue une alternative efficace ou un soutien viable \u00e0 la th\u00e9rapie antibiotique standard pour les infections graves.     <\/p>\n<h3>R\u00e9sultat clinique<\/h3>\n<p>Patient 1 : Apr\u00e8s la deuxi\u00e8me application de phages, Staphylococcus aureus, Enterococcus faecium et Pseudomonas aeruginosa n&rsquo;ont plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s et la phagoth\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e. Les bact\u00e9ries n&rsquo;ont plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es pendant 16 jours apr\u00e8s la derni\u00e8re application de phages et la phagoth\u00e9rapie a \u00e9t\u00e9 interrompue. Malheureusement, le patient a d\u00e9velopp\u00e9 une infection secondaire \u00e0 P. aeruginosa et E. coli 17 jours apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie, qui n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e qu&rsquo;un mois plus tard dans un autre h\u00f4pital avec une th\u00e9rapie antibiotique conventionnelle. On ne sait pas si le deuxi\u00e8me isolat de P. aeruginosa \u00e9tait identique au premier isolat de P. aeruginosa, mais il pr\u00e9sentait un antibiogramme diff\u00e9rent du premier isolat, ce qui sugg\u00e9rerait une infection distincte.   <\/p>\n<p>Patient 2 : Apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie, Klebsiella pneumoniae n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e dans les \u00e9chantillons de lavage broncho-alv\u00e9olaire, mais a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e dans les \u00e9chantillons de selles. Cependant, contrairement \u00e0 la souche pan-r\u00e9sistante qui a caus\u00e9 l&rsquo;infection pulmonaire, la souche de K. pneumoniae isol\u00e9e des selles du patient \u00e9tait sensible aux antibiotiques. <\/p>\n<p>Patient 3 : Apr\u00e8s la derni\u00e8re application de phages, les h\u00e9mocultures \u00e9taient exemptes de S. aureus. Une tomographie par \u00e9mission de positrons\/tomodensitom\u00e9trie (TEP-TDM) r\u00e9alis\u00e9e sept mois apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie n&rsquo;a montr\u00e9 aucun signe d&rsquo;infection du greffon.<br \/>\nAntibiotiques 09 00232 g001 550Figure 1. Scans TEP-TDM du patient 3 avant (A) et sept mois apr\u00e8s (B) la phagoth\u00e9rapie au niveau du greffon aortique et du patient 4 avant (C) et deux mois apr\u00e8s (D) la phagoth\u00e9rapie au niveau du dispositif d&rsquo;assistance ventriculaire gauche (LVAD) et de l&#8217;empy\u00e8me de la cavit\u00e9 pleurale. L&rsquo;\u00e9mission jaune indique le degr\u00e9 d&rsquo;accumulation de la substance traceuse (2-[18F]Fluoro-2-d\u00e9soxy-D-glucose), correspondant \u00e0 une inflammation.      <\/p>\n<p>Patient 4 : Apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie, aucune bact\u00e9rie n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e dans les pr\u00e9l\u00e8vements de plaies. Le dispositif d&rsquo;assistance ventriculaire gauche (LVAD) n&rsquo;\u00e9tait pas infect\u00e9, comme le montrait un scan TEP-TDM deux mois apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie (Figure 1D). Le patient 4 n&rsquo;a montr\u00e9 aucun autre signe d&rsquo;infection bact\u00e9rienne, mais est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 20 mois apr\u00e8s la fin de la phagoth\u00e9rapie des suites d&rsquo;une d\u00e9faillance du greffon. Il est extr\u00eamement improbable que la d\u00e9faillance du greffon et le d\u00e9c\u00e8s ult\u00e9rieur aient \u00e9t\u00e9 li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;infection pr\u00e9c\u00e9demment r\u00e9solue ou \u00e0 la phagoth\u00e9rapie.   <\/p>\n<p>Patient 5 : L&rsquo;activit\u00e9 in vitro des phages a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e pendant la phagoth\u00e9rapie, et il n&rsquo;y a eu aucune preuve de r\u00e9sistance bact\u00e9rienne aux souches de bact\u00e9riophages utilis\u00e9es. Apr\u00e8s la premi\u00e8re dose, des phages viables ont \u00e9t\u00e9 constamment d\u00e9tect\u00e9s dans le liquide de drainage (\u2265104 pfu\/mL) avant les applications de phages suivantes. Jusqu&rsquo;\u00e0 deux semaines apr\u00e8s l&rsquo;application de phages, il n&rsquo;y avait aucun signe d&rsquo;anticorps neutralisants les bact\u00e9riophages dans le s\u00e9rum du patient. N\u00e9anmoins, des concentrations mod\u00e9r\u00e9es mais constantes de S. aureus ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es dans le liquide de drainage. Afin d&rsquo;am\u00e9liorer potentiellement l&rsquo;apport des phages au site d&rsquo;infection, une intervention chirurgicale a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9e, mais a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9e par le patient.<br \/>\nChez les patients 6 \u00e0 8, l&rsquo;application perop\u00e9ratoire de pr\u00e9parations de bact\u00e9riophages-colle de fibrine sur les dispositifs cibles ou les tissus a entra\u00een\u00e9 une lib\u00e9ration prolong\u00e9e de bact\u00e9riophages.    <\/p>\n<p>Patient 6 : S. aureus n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie. L&rsquo;observation de la pompe 1,5 mois apr\u00e8s l&rsquo;application de phages n&rsquo;a montr\u00e9 aucun signe d&rsquo;infection ou de r\u00e9sidus de colle de fibrine. <\/p>\n<p>Patient 7 : La plaie a compl\u00e8tement cicatris\u00e9 et E. coli n&rsquo;a plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Patient 8 : La plaie a compl\u00e8tement cicatris\u00e9 et P. aeruginosa n&rsquo;a plus \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 apr\u00e8s la phagoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>D\u00e9tails sur : https:\/\/www.mdpi.com\/2079-6382\/9\/5\/232\/htm<\/p>\n<p>Traduction automatique de la source : Phagoth\u00e9rapie pour les infections graves li\u00e9es \u00e0 la chirurgie cardiothoracique<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance bact\u00e9rienne \u00e0 la th\u00e9rapie antibiotique conventionnelle repr\u00e9sente un d\u00e9fi de plus en plus important pour la sant\u00e9 humaine \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. 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