Efficacité des phages dans un modèle d’infection de plaie à A. baumannii chez la souris
La propagation de la résistance aux antibiotiques multirésistante (MDR) est une crise largement reconnue dans le traitement des infections bactériennes, y compris celles qui surviennent dans les communautés militaires. Récemment, l’Organisation mondiale de la Santé a publié sa première liste d’« agents pathogènes prioritaires » résistants aux antibiotiques — un catalogue de 12 familles de bactéries représentant la plus grande menace pour la santé humaine, A. baumannii étant classé dans la catégorie « Priorité 1 : Critique ». Avec la prévalence croissante des résistances aux antibiotiques et le développement limité de nouvelles classes d’antibiotiques, des thérapies antimicrobiennes alternatives sont nécessaires ; le bactériophage lytique (phage), ciblant spécifiquement chacune des infections bactériennes hautement prioritaires, peut constituer une approche possible, actuellement en cours de développement en vue d’une autorisation réglementaire pour un usage clinique.
Des souris Balb/c ont été traitées à titre prophylactique avec du PBS ou avec un phage sélectionné contre la souche d’A. baumannii AB5075. Après 3 semaines, les souris ont été anesthésiées, blessées (au dos) et infectées localement par application topique d’AB5075. Après l’infection, les souris ont ensuite été traitées avec du PBS ou des phages pendant trois jours consécutifs et évaluées pendant trois semaines afin d’apprécier la sécurité et l’efficacité du traitement par phages par rapport au contrôle. Nous avons examiné la mortalité, la charge bactérienne, le délai de fermeture de la plaie, les profils de cytokines systémiques et locaux, les modifications de l’immunité cellulaire de l’hôte et, enfin, la présence d’anticorps neutralisants contre le mélange de phages. Dans notre étude, nous avons constaté que l’administration prophylactique de phages entraînait une diminution significative des cytokines associées aux monocytes dans le sérum, par rapport aux souris ayant reçu du PBS. Toutefois, nous n’avons observé aucune modification significative des populations sanguines circulantes ni des populations de cellules immunitaires des organes lymphoïdes secondaires, par rapport aux souris traitées au PBS. Après l’administration prophylactique de phages, nous avons observé une augmentation marquée des immunoglobulines totales dans le sérum, en particulier des IgG2a et IgG2b. En outre, nous avons constaté que ces anticorps étaient capables de cibler spécifiquement les phages et de neutraliser efficacement leur capacité à lyser leur cible respective. Concernant l’efficacité thérapeutique, l’administration du traitement par phages a réduit efficacement la taille des plaies chez les souris infectées par AB5075, sans effets indésirables.
En résumé, nos données montrent que les phages peuvent constituer un nouveau traitement sûr et efficace contre A. baumannii, sans provoquer de réactions indésirables chez l’hôte, et que l’efficacité thérapeutique ne semble pas être compromise par une exposition préalable aux phages. Cette étude constitue une preuve de concept importante, qui soutient les efforts visant à développer les phages comme produit thérapeutique innovant pour le traitement d’infections bactériennes complexes des plaies.
Traduction automatique de la source :
https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fmicb.2020.00414/full



