Phagothérapie pour la prostatite bactérienne
Les patients souffrant de prostatite bactérienne chronique sont souvent confrontés à un double problème : ils souffrent non seulement des symptômes de la maladie, mais aussi des difficultés liées au traitement de l’infection. Le revêtement de la prostate est imperméable à de nombreuses classes d’antibiotiques, ce qui limite considérablement le choix des médicaments pour le traitement de la prostatite bactérienne. Un autre problème réside dans la prolifération croissante de bactéries résistantes aux antibiotiques ainsi que dans la formation de biofilms bactériens, qui compliquent fortement l’antibiothérapie de cette pathologie. Par conséquent, le traitement de la prostatite chronique récidivante constitue un véritable défi. Aujourd’hui, les bactériophages peuvent être envisagés comme une alternative aux antibiotiques dans le traitement de cette pathologie. Un article a été publié dans la revue Frontiers in Pharmacology,
Un jeune homme de 33 ans, chez qui une prostatite bactérienne avec des symptômes typiques a été diagnostiquée, notamment une élévation quotidienne de la température allant jusqu’à 37,5 °C, présentait des bactéries pathogènes dans 19 échantillons de sécrétions prostatiques et de sperme : Staphylococcus aureus résistant à la méthicilline (SARM), Staphylococcus haemolyticus, Enterococcus faecalis, Streptococcus mitis et d’autres. Le patient a reçu 5 cycles d’antibiothérapie (orale et IV), qui se sont tous révélés inefficaces et n’ont apporté aucun soulagement durable des symptômes. En conséquence, un traitement symptomatique lui a été prescrit — AINS et analgésiques pour améliorer son bien-être — et la cause de l’inflammation n’a jamais été éliminée. Finalement, l’homme a décidé d’essayer la phagothérapie et s’est tourné vers le centre de phagothérapie G. Eliava à Tbilissi (Géorgie).
À la suite de tests approfondis, des préparations de phages spécifiques aux agents pathogènes présents ont été sélectionnées. Le patient a suivi 3 cycles de phagothérapie, d’une durée de 3 mois chacun. Des médicaments tels que les bactériophages Pyo, Intesti, Ferci, Ses, Enko et Staphyloc ont été utilisés sous différentes formes : orale (solution), rectale (suppositoires), et par instillation urétrale (solution). Le protocole de traitement a été modifié en fonction des résultats des examens. Vous trouverez un schéma détaillé de la phagothérapie dans l’article https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fphar.2021.692614/full
Au cinquième jour de traitement, la température du patient s’est normalisée et n’a plus dépassé > 37 °C. Les analyses bactériologiques et les études d’imagerie ont montré une amélioration significative pendant et après le traitement par bactériophages. Ces améliorations étaient corrélées à un soulagement des symptômes.



